In Lakesh - Home

"Les frères, les sœurs, amis, proches, famille, miroirs,

Au milieu de cette période plutôt nuageuse, nous venons vers chacun d'entre vous pour vous remercier chaleureusement de votre patience et pour votre contribution qui a permis à ce nouvel EP d'exister.

Le petit dernier, « Home », est né ce dimanche 22 novembre 2020. En vérité, nous en sommes heureux et légers, fiers et emplis de gratitude.

L'idée de le faire sortir du ventre d'In Lakesh pendant cette période est un acte qui nous semblait censé, au-delà du fait que les concerts soient mis au placard pour l'instant. Il s'agit ici pour nous de poser un acte fort et symbolique : apporter, avec humilité, de la lumière au milieu du chaos actuel plutôt assombrissant, oser entrevoir l'éclaircie, se laisser guider par des notes vertueuses et doucereuses... Enfin, s'incarner dans l'instant présent nous semble précieux et nécessaire, plus que jamais aujourd'hui, et si ces 5 chansons peuvent jouer ce rôle, tant mieux.

« Home », c'est le dernier volet du triptyque annoncé il y a maintenant 7 ans. Franky, le personnage central d'In Lakesh, aura évolué au fil de ces 3 EPs, grandi, pris des rides au nez et au front de son cœur. Ici, il nous parle avec une voix pleine d'amour de son rapport à la vie, ses absences, ses connexions, ses silences, ses petites morts, les grands cycles cosmiques, la mort, la renaissance, la spiritualité, son rapport au vivant.
Les 5 arbres de vie sont autant de bras, de liens tissés par cet album, et emmènent au milieu d'un espace de plénitude. Une zone dans laquelle voyage et surprise font office de chemins d'écoute. C'était un besoin pour nous d'enfin abandonner cette musique à vos oreilles. Elle existe grâce à vous.

Nous sommes plus que jamais à l'ère du lien, à l'ère de la connexion. N'oublions pas, ou plus, de rester connectés à nous-mêmes et aux humains qui font l'expérience de la vie sur cette planète. Puissiez-vous agir comme maillons d'une chaîne, transpirer et transmettre cet opus à vos amis, vos familles, vos inconnus... Grâce à nous, grâce à toi, grâce à vous, l'effet papillon n'en prendra que sa mesure la plus effective et grandiose.

Ode à la vie de « Home »,
Ode à vous, ode à vos vies,
Ode à la Vie.

Restez dans l'ici, maintenant et partout à la fois."

Le temps n’est rien qu’un sale gosse.
Un petit connard d’orphelin qui s’amuse avec une putain de boîte d’allumettes… !

La petite pélopée, ce matin, juste là…
Petite mutine qui fabrique son nid.
Trois tours et puis va…
Petite qui encourage à chausser les souliers.
Le peu de souffle à trouver…
La route, le doute…
Encore, en avant toute !

Piqûre de rappel :

“Même les projets, j’ose ! Vous verrez… j’hésiterais à rien. (23 octobre 2016)”

gnégné

Regarde-la ta voile elle a les seins gonflés
La marée de tantôt te l’a déshabillée
Les bateaux comme les filles ça fait bien des chichis
Mais ce genre de bateau ça drague pas dans Paris

T’as les yeux de la mer et la gueule d’un bateau
Les marins c’est marrant même à terre c’est dans l’eau
Ta maman a piqué sur ta tête de vieux chien
Deux brillants que tu mets quand t’embarques ton destin

C’est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t’en souviens la mer on s’en foutait
On était trois copains avec une tragédie
Et puis ce chien perdu tout prêt à s’suicider

Quand la mer se ramène avec des étrangers
Homme ou chien c’est pareil on les r’garde naviguer
Et dans les rues d’Lorient ou d’Brest pour les sauver
Y a toujours un marin qui rallume son voilier

Regarde-la ta quille à la mer en allée
La marée de tantôt te l’a tout enjupée
Les bateaux comme les filles ça fait bien du chiqué
Mais quand on s’fout à l’eau faut savoir naviguer

T’as le coeur comme ces rocs vêtus de Chantilly
Quand la tempête y a fait un shampooing dans la nuit
Ta maman t’a croché deux ancres aux doigts de chair
Et les lignes de ta main ça s’lit au fond d’la mer
C’est pas comme en avril en avril soixante-huit
Lochu tu t’en souviens dans ces rues de l’emmerde
On était trois copains au bout de mille nuits
Et le jour qui s’pointait afin que rien ne s’perde

Quand la mer se ramène avec des étrangers
En Bretagne y a toujours la crêperie d’à côté
Et un marin qui t’file une bonne crêpe en ciment
Tellement il y a fourré des tonnes de sentiments
Regarde-la ta barre comme de la Pop musique
Ça fait un vrai bordel chez les maquereaux très chics
La mer a ses anglais avec le drapeau noir
On dirait Soixante-huit qui s’en r’vient du trottoir

Ma maman m’a cousu une gueule de chimpanzé
Si t’as la gueule d’un bar j’m’appelle Pépée Ferré
C’est pas comme en avril en avril de mon cul
Dans ce bar endossé au destin de la rue

Et c’est pas comme demain en l’An de l’An Dix mille
Lochu tu t’en souviens c’était beau dans c’temps-là
La mer dans les Soleils avec ou bien sans quille
Un bateau dans les dents des étoiles dans la voix

Et quand on se ram’nait avec nos Galaxies
Ça faisait un silence à vous mourir d’envie
Et les soirs d’illusion avec la nuit qui va
Dans Brest ou dans Lorient on pleure et on s’en va
L’An Dix mille… Lochu ? Tu t’rappelles ?
L’An Dix mille… Tu t’rappelles ? Lochu ?
L’An Dix mille, l’An Dix mille, l’An Dix mille…

Léo Ferre

Douze cordes…
Du bois fin !
Faut voir comme…
Table en sapin.
Manche en charme.
Touche en mûrier.
Corps en châtaignier.
Rosace en pleksi.
Chevalet en mûrier, itou.
Sillet en buis.
Chevilles en ébène.
Douze cordes !
Foutre !
Une de trop…
C’est rien !
Voilà !
Entre les mains,
Une plume !
Enfin !