Il y a des jours ou des bouts de santé foutent le camp. Les nuits sont longues, insensées. Les petits matins terribles. Les journées infinies, cruelles, démesurées et féroces. Dès que la tête se met à piétiner, à se chercher des raisons sérieuses de vivre… je m’enfonce dans de mauvais fiels. Il y a des jours, je crois, que j’étais quelqu’un, quand même malgré tout, aujourd’hui, hier, demain, toujours… où suis-je ?!

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A cause de ce que grâce au ciel
Sur lequel après quant à moi
Sauf que malgré tout et puisqu’elle
A peu près et bien au-delà
Je t’aime

A cause de ce que même alors
Suivant quoiqu’il en soit selon
Contre pourtant et par encore
Dans toujours déjà environ
Je t’aime

A cause de surtout donc ou presque
Et parce qu’à jamais plutôt
Mais parfois plus ou moins avec
Pour jusqu’à ce dont aussitôt
Je t’aime

Sa platitude à soi, sans horizon, sans une seule montagne, sans un putain d’océan… juste un abîme malade, exténué du vivant ! L’humanité qui se perd dans des replis lointains. Si vague, si étrangers, si écarté qu’on ne peut plus penser à rien. Avec seulement du silence pour combler les secondes… Et pourtant, s’acharner à croire qu’on a encore des nébuleuses à portée de la main…

J’ai le sentiment que de la vie il m’en reste encore beaucoup en dedans. Qu’elle se défend pour ainsi dire. Ce sont des petits riens, comme ça, en passant, ça me dit quelque chose. Des émotions, des sentiments, de petites fièvres intérieur… C’est presque ça la vie, des riens dont on peut faire un monde. Essayer une grande respiration, au hasard des coups de vents. Une curiosité, un petit art, un souffle…

C’est une fatigue qui n’a pas du nom, celle qui tient de l’angoisse. L’âme trébuche tout à coup et viennent aux yeux les larmes. Rien qui délivre, qui apaise, qui allège, plus rien qui ne fasse danser… D’un seul instant l’avenir devient du pire en rond. On songe seulement à soi-même, au chaos qui nous mène, à l’erreur de se rencontrer… de rentrer dans le désordre pour toujours ! Comme l’errance d’un écho. C’est toute une humanité en raccourci ! Il y a des malices dans ces tréfonds. Des sortilèges. Parfois on croit tomber dans un moment de grand miracle. On se dit qu’on a sa poésie quand-même, du moment qu’on vit encore… La vie se contredit tellement ! J’ai tous les vertiges d’un bateau au creux de mon âme !

Je voulais me promener un peu… il pleut ! La nature est espiègle, taquine et narquoise ! Elle doit m’en vouloir pour quelque-chose, alors elle chatouille… boude un peu, renâcle. Et moi me voilà tout puzzle ! Je tourne en rond… enfin je crois que ce sont des ronds ?! Je ne sais plus me retrouver. Ni mort, ni vif, ni quoi… L’hôpital est un lieu étrange, on en prend l’hébétude !

corbeaux

Je ne pense pas qu’on puisse prévoir l’avenir, mais peut-être faut-il au moins se le permettre ?! C’est fou ce qu’il faut s’inventer de réalités autour de soi. Des réalités qui puissent durer, se maintenir nus et toutes entières. La vie se contredit tellement ! Il faut de la débrouille, de l’astuce, des échappatoires. Oublier que hier n’existe plus, c’est juste une photo, une larme. Que demain ce n’est que la mort. Simple et con comme le temps qui passe. Reste encore les rêves qui devraient tout entiers dévorer la vie, pas l’inverse…
Il existe probablement, à la sortie de cet hôpital, un inconnu qui m’attend. Moi…